parun éclat d’obus pendant la première bataille de la Marne. Puis,il fût envoyé à l’hôpital de Tulle où Posté le 19 novembre 2013 sous Lettres de poilus. Dans cet article nous allons publier, toutes les semaines, des lettres de poilus qui nous ont marquées. Voici donc la première lettre que nous avons choisi : ISBN: -4. Prix : 19,99 €. Achetez Paroles de poilus : lettres et carnets du front 1914-1918 moins cher. Fiche du livre. rajouteà ces supplices. Ce vent glacial qui nous gèle les os, il nous poursuit chaque jour. La nuit, il nous est impossible de dormir. Être prêt, à chaque instant, prêt à attaquer, prêt à tuer. Tuer, ceci est le maître-mot de notre histoire. Ils nous répètent qu’il faut tuer pour survivre, je dirais plutôt vivre pour tuer. C Lettrebouleversante d'un poilu à sa femme : "La sentence est tombée : je vais être fusillé pour l'exemple, demain, avec six de mes camarades, pour refus d'obtempérer." Lettre à Unhomme a décidé de changer son prénom, composé de 4 lettres pour un autre de 197 lettres juste parce qu'il en avait envie ! A 34 ans, Barnaby Usansky est sans emploi et Lesmeilleures offres pour Livre " paroles de poilus, lettres et carnets du fronts 1914-1918 " de J.P Guéno sont sur eBay Comparez les prix et les spécificités des produits neufs et d 'occasion Pleins d 'articles en livraison gratuite! 3algz. Le 31 août 1916, Albert LEMORE de Saint-Rimay Loir-et-Cher fait à son épouse “Fanie” un récit détaillé d’un combat de la bataille de Verdun auquel il vient de participer “Ma Chère Fanie, je vais te raconter nos misères et je profite d’un moment où nous sommes un peu tranquilles. Nous sommes donc partis d’Haudainville le 25 au soir et arrivés avec beaucoup de peines vers deux heures du matin le 26 à notre emplacement. En arrivant nous n’avions pour tout que des trous d’obus pour nous cacher. J’ai oublié de te dire que nous sommes un peu à droite de Fleury et dans un bois où il ne reste que les ruines en l’air en face le Fort de Vaux. Je crois que l’endroit s’appelle Vaux Chapitre. Je te disais donc que nous n’avions que des trous d’obus pour nous abriter, nous nous sommes donc mis à travailler pour nous creuser quelques abris. Nous étions tout le régiment, c’est-à-dire trois bataillons, le mien c’est le 5ème, le bombardement a commencé vers neuf heures et là il a fallu nous cacher dans nos trous car comme je t’avais dit nous savions que l’on nous faisait attaquer ce qui était loin de nous plaire et quand nos artilleurs ont commencé à tirer les boches n’ont pas été paresseux ils avaient de quoi répondre Jusqu’à cinq heures du soir notre artillerie n’a cessé de tonner c’était là l’heure de l’attaque. Deux compagnies par bataillon devaient attaquer et la troisième de soutien. C’était chez nous la 17 et 18 et nous nous étions en arrière mais pas de beaucoup 50 à soixante mètres. A l’heure de sortir, c’est-à-dire dès que les boches ont aperçu les premiers hommes français ils ont redoublé de croissance leurs bombardements, les fusils et mitrailleuses se sont mis en marche et les quelques courageux qui étaient montés les premiers sont tombés de suite les autres plus prudents ne sont pas sortis l’attaque a donc échoué complètement. On devait nous faire remettre ça le lendemain à la 19ème mais là pas un n’aurait sorti de son trou, mais comme les pertes étaient déjà très élevées et en plus que toute la nuit nous avions souffert du bombardement et de la pluie qui tombait à flots il y a heureusement eu contre ordre, mais le 28 ça été le tour aux boches après nous avoir bombardés violemment ils ont essayé une première attaque vers huit heures et une seconde une heure plus tard eux aussi sont tombés sur un manche et n’ont pu sortir. Le lendemain soir 29 nous avons encore cru à une attaque ennemie mais elle n’a pas eu lieu. Ce matin à huit heures ils ont recommencé mais là encore ça s’est terminé en peu de temps et ni nous ni eux ne pouvons avancer sous un pareil feu, c’est atroce et honteux de voir de pareilles choses. Comme pertes nous n’avons pas beaucoup de tués mais encore que trop, quant aux blessés ils sont nombreux et tant mieux pour celui qui a la bonne blessure. Ce qui est le plus à déplorer c’est que beaucoup sont tués ou blessés par nos canons de 75 ce matin encore à la compagnie il y a un tué et cinq blessés par notre artillerie. C’est cela qui nous décourage le plus de voir des camarades tomber par nous. Je ne te donnerai pas grands détails sur les camarades du pays mais je crois qu’ils sont en bonne santé. J’ai eu des nouvelles d’Edmond DOLBEAU le lendemain de l’attaque qu’il n’avait rien. Son caporal GRENET de Saint-Martin doit être blessé. Je n’ai pas de nouvelles de RENIER ni de Louis FURET mais je crois qu’ils n’ont rien et quoi que nous avons peut-être encore plusieurs jours à faire dans ce mauvais coin j’espère m’en tirer sain et sauf … Enfin, depuis six jours ma pauvre femme il y a le tiers d’hommes blessés dans le régiment. Au revoir et à demain. Je t’embrasse de tout cœur ainsi que toute la famille. Albert LEMORE était né le 18 juin 1877 à Saint-Rimay, fils de René et Marie ROUSSELET. Exerçant la profession de vigneron, il habitait au lieu-dit Villebazin à Saint-Rimay. Ayant épousé Noémie HUBERT, nommée Fanie dans sa lettre, il avait deux enfants René né en 1906 et Albert né en 1910. Il avait été incorporé le 3 août 1914 au 86ème régiment d’infanterie territoriale. Il fut tué à l’ennemi le 15 août 1918 à Vic-sur-Aisne. Quatre ans d'horreur, de visions macabres et de sang qui coule. Mais aussi des heures à attendre dans les tranchées, des moments d'ennuis, de doutes, puis de réconfort au moment de lire les mots de sa bien-aimée, son frère ou sa marraine. Certains soldats de la Première Guerre mondiale se sont même montrés poètes dans la douleur, au moment de partager leurs pensées avec leurs proches. Leurs essais, ceux qui n'étaient pas censurés, se sont souvent retrouvés dans la presse de l'époque, comme une chronique de la Grande Guerre, vue de l' la veille de la célébration du centenaire de l'armistice, RetroNews, le site de presse de la Bibliothèque nationale de France BNF, nous ouvre ses archives afin de picorer dans ces écrits d'où jaillissaient parfois l'espoir, l'amour et l'humour ! Lorsque tu reviendras, je te gâterai de caresses… » C'est vêtu comme un ours […] ça attend sa marmite […] C'est informe, innommable et souvent plein de poux. C'est un poilu, madame… et c'est votre époux ! » Ce 18 août 1916, le journal Le Radical publie en brève ces quelques lignes d'un homme à qui le front n'a visiblement pas enlevé sa comme celui-là, un certain Paquito, dont la lettre à sa douce - en colère - est publiée dans Le XIXe siècle Chère petite femme, ta dernière lettre m'apprend que la Censure a mis le nez dans ta correspondance et je crois deviner, à te lire, combien tu es ennuyée de cet accident et péniblement surprise de voir ainsi violer notre intimité et nos tendres secrets… Hélas, Mienne chérie, […] c'est la guerre ! Il n'y a plus à s'étonner de rien », écrit d'abord le soldat, qui poursuit en imaginant, avec humour, que le censeur est peut-être un ecclésiastique choqué de leurs manifestations de tendresse… Et d'en conclure sa lettre en pied de nez à son potentiel lecteur intrus Cher trésor adoré, écris-moi toujours de bien amoureuses missives qui me sont ici le meilleur souvenir des heures de bonheur que nous avons vécues. Je te répondrai toujours. Et la peste soit sur le censeur ! Reçois, à sa barbe, les plus doux baisers de ton mari qui t'adore. »Avec une telle relecture, les coquineries doivent être discrètes, et imagées. Lorsque tu reviendras de tes froides tranchées, de tes boyaux sanglants, ô mon pauvre adoré, pour te faire oublier tes rudes chevauchées, tes douleurs, ton cafard, ce calvaire abhorré, que je te gâterai de suaves caresses, que je te donnerai tous mes soins les plus doux, revivant en un jour nos premières ivresses en te couvrant, chéri, des baisers les plus fous ! » Bien qu'intitulé Lettre d'une femme à son mari », ces quelques phrases publiées dans Le Ver Luisant en janvier 1918 ne sont que l'expression du fantasme d'un soldat poète, le sergent André Soriac, reconnu à l'époque par ses pairs pour la musique de ses les écrits enthousiastes des soldats sont détournés pour faire la propagande d'une guerre qui dure… Comme ce 23 février 1916 dans Le Matin, dans une compilation de morceaux choisis intitulée La confiance de nos soldats ». Du fond des tranchées, nous jugeons… » Note bien que si, pour avoir la victoire, il fallait encore se lancer dans la fournaise, nous sommes toujours prêts à y entrer ! » aurait ainsi écrit l'un d'eux. Et l'article de conclure Chacun, suivant son tempérament, exprime sa foi imperturbable en l'avenir de la patrie. »Quelques réflexions politiques filtrent toutefois. Comme ce 7 décembre 2015 dans le journal Le Siècle Du fond des tranchées, nous jugeons les événements de notre politique extérieure en nous éloignant, chaque jour davantage, du point de vue qui semble prédominer dans les milieux gouvernementaux. […] La plus abominable violence est déchaînée contre nous […] En dépit des conventions internationales qu'elle avait signées, l'Allemagne emploie contre nos soldats des gaz asphyxiants, elle maltraite les prisonniers de guerre, leur donne une nourriture insuffisante, les contraint à des travaux de défense contre nous-mêmes […] et pourtant dans les sphères dirigeantes de Paris, on affecte des scrupules pour user de représailles ou tirer parti de toutes les armes qui peuvent concourir à notre défense », accuse un homme qui signe L'Ancien ».Et certains de partager leur réjouissance de la fin de la guerre, comme ce soldat en permission qui écrit à un camarade resté au front Je regrette presque d'avoir eu ma permission au moment de la victoire. J'aurais voulu être avec vous, pour entendre chuinter le dernier obus et claquer la dernière balle de mitrailleuse. […] Nous aurions trinqué ensemble. […] Comme j'ai pensé à vous en lisant les journaux… […] Vraiment oui, vous avez dû être heureux. L'ennemi capitule. Nous avons la victoire complète. Et vous y entrerez, en Allemagne, Parbleu ! » Je voudrais bien que tu viennes aussi. Mais on dit que les permissions vont être supprimées à nouveau donc ce n’est pas pour cette année. Je n’y compte plus. Il y a de quoi devenir fou. Donc on ne peut ni vendre la marchandise avec profit ni en prendre pour des personnes qui ne sont pas de la société. Aujourd’hui on nous annonce que la ration de pain est diminuée de la moitié ; avec 150 gr de pain nous allons en avoir du courage pour travailler. Tu me dis que tu as la pluie C’est rudement embêtant pour toi qui es dehors. Comme tu dois être au frais. Ça doit te raidir les membres. Quand donc que ça finira et que tu seras enfin tranquille. Et que tu pourras vivre comme nous. Les nouvelles d’aujourd’hui ne sont pas belles décidément qu’est ce que ça fera, je me le demande. Encore si ça faisait finir. Qu’au bout il y ait une fin. Je suis allée chercher des provisions à la coopérative, ma mère ne pouvait en revenir. J’ai pris un savon 30 sous le même qu’ici 48. Des allumettes que l’on en trouve à nulle part, à mesure je prendrai ce que l’on aura besoin et ma foi sur le tout le bénéfice sera bien grand. Quelle bonne idée de monter ça. Chez nous aussi le temps s’est assombri mais ça ne pleut pas, pourtant ça en aurait besoin. Ma mère a sulfaté ce matin, cette drogue l’a fatiguée. J’avais bien peur qu’elle soit malade. Tâche finale un poilu raconte sa vie au front OU une femme, un enfant écrit à un membre de la famille qui est au front ce qui permet de pouvoir prendre en compte la condition des femmes pendant la guerre… Pour exemple, il suffit de choisir quelques lettres dans le célèbre livre Paroles de Poilus » Exemple écrit pour les élèves lettre d’un poilu écrite pour les élèves Disciplines concernées Histoire, français. Voici la fiche des compétences travaillées fiche compétences lettre de poilus Cette tâche peut s’adapter pour d’autres époques ! Un grognard écrit à sa femme du front d’Austerlitz….Un soldat romain écrit à sa femme d’Alésia etc. La sen­tence est tom­bée je vais être fusillé pour l’exemple, demain, avec six de mes cama­rades, pour refus d’obtempérer. Pen­dant la Pre­mière Guerre mon­diale, en France 2 400 poi­lus » auront été condam­nés à mort et 600 fusillés pour l’exemple, les autres voyant leur peine com­muée en tra­vaux for­cés. Ces condam­na­tions ont été pro­non­cées pour refus d’obéissance, muti­la­tions volon­taires, déser­tion, aban­don de poste devant l’ennemi, délit de lâche­té ou muti­ne­rie en 1917. Cette esti­ma­tion de 600 fusillés pour l’exemple ne prend pas en compte les exé­cu­tions som­maires. Le Poi­lu ne refuse pas de se battre mais il refuse d’attaquer à outrance. À Craonne, lors des san­glants assauts com­man­dés par le géné­ral Nivelle, ce sont 30 000 hommes qui meurent en 10 jours et 100 000 sont bles­sés. En 1918, en France comme chez les Alliés, on constate un déclin des exé­cu­tions. En effet, les com­man­de­ments mili­taires com­prennent mieux l’état men­tal des sol­dats, les consé­quences du Shell-Shock », ce choc psy­cho­lo­gique pro­vo­qué par les condi­tions de vie des sol­dats notam­ment sous les bombardements. Ain­si, la lettre d’a­dieu d’Eugène X témoigne de l’hor­reur, fusillé pour l’exemple, est dédiée à son épouse et à sa fille Jeanne Léo­nie chérie J’ai confié cette der­nière lettre à des mains amies en espé­rant qu’elle t’ar­rive un jour afin que tu saches la véri­té et parce que je veux aujourd’­hui témoi­gner de l’hor­reur de cette guerre. Quand nous sommes arri­vés ici, la plaine était magni­fique. Aujourd’­hui, les rives de l’Aisne res­semblent au pays de la mort. La terre est bou­le­ver­sée, brû­lée. Le pay­sage n’est plus que champ de ruines. Nous sommes dans les tran­chées de pre­mière ligne. En plus des balles, des bombes, des bar­be­lés, c’est la guerre des mines avec la pers­pec­tive de sau­ter à tout moment. Nous sommes sales, nos frusques sont en lam­beaux. Nous patau­geons dans la boue, une boue de glaise, épaisse, col­lante dont il est impos­sible de se débar­ras­ser. Les tran­chées s’é­croulent sous les obus et mettent à jour des corps, des osse­ments et des crânes, l’o­deur est pestilentielle. Tout manque l’eau, les latrines, la soupe. Nous sommes mal ravi­taillés, la gale­touse est bien vide ! Un seul repas de nuit et qui arrive froid à cause de la lon­gueur des boyaux à par­cou­rir. Nous n’a­vons même plus de sèches pour nous récon­for­ter par­fois encore un peu de jus et une rasade de casse-pattes pour nous réchauffer. Nous par­tons au com­bat l’é­pingle à cha­peau au fusil. Il est dif­fi­cile de se mou­voir, coif­fés d’un casque en tôle d’a­cier lourd et incom­mode mais qui pro­tège des rico­chets et encom­brés de tout l’at­ti­rail contre les gaz asphyxiants. Nous avons par­ti­ci­pé à des offen­sives à outrance qui ont toutes échoué sur des mon­tagnes de cadavres. Ces inces­sants com­bats nous ont lais­sé exté­nués et déses­pé­rés. Les mal­heu­reux estro­piés que le monde va regar­der d’un air dédai­gneux à leur retour, auront-ils seule­ment droit à la petite croix de guerre pour les dédom­ma­ger d’un bras, d’une jambe en moins ? Cette guerre nous appa­raît à tous comme une infâme et inutile boucherie. Le 16 avril, le géné­ral Nivelle a lan­cé une nou­velle attaque au Che­min des Dames. Ce fut un échec, un désastre ! Par­tout des morts ! Lorsque j’a­van­çais les sen­ti­ments n’exis­taient plus, la peur, l’a­mour, plus rien n’a­vait de sens. Il impor­tait juste d’al­ler de l’a­vant, de cou­rir, de tirer et par­tout les sol­dats tom­baient en hur­lant de dou­leur. Les pentes d’ac­cès boi­sées, étaient rudes .Per­du dans le brouillard, le fusil à l’é­paule j’er­rais, la sueur dégou­li­nant dans mon dos. Le champ de bataille me don­nait la nau­sée. Un vrai char­nier s’é­ten­dait à mes pieds. J’ai des­cen­du la butte en enjam­bant les corps désar­ti­cu­lés, une haine ter­rible s’emparant de moi. Cet assaut a semé le trouble chez tous les poi­lus et for­cé notre dés­illu­sion. Depuis, on ne sup­porte plus les sacri­fices inutiles, les men­songes de l’é­tat major. Tous les com­bat­tants déses­pèrent de l’exis­tence, beau­coup ont déser­té et per­sonne ne veut plus mar­cher. Des tracts cir­culent pour nous inci­ter à dépo­ser les armes. La semaine der­nière, le régi­ment entier n’a pas vou­lu sor­tir une nou­velle fois de la tran­chée, nous avons refu­sé de conti­nuer à atta­quer mais pas de défendre. Alors, nos offi­ciers ont été char­gés de nous juger. J’ai été condam­né à pas­ser en conseil de guerre excep­tion­nel, sans aucun recours pos­sible. La sen­tence est tom­bée je vais être fusillé pour l’exemple, demain, avec six de mes cama­rades, pour refus d’ob­tem­pé­rer. En nous exé­cu­tant, nos supé­rieurs ont pour objec­tif d’ai­der les com­bat­tants à retrou­ver le goût de l’o­béis­sance, je ne crois pas qu’ils y parviendront. Com­pren­dras-tu Léo­nie ché­rie que je ne suis pas cou­pable mais vic­time d’une jus­tice expé­di­tive ? Je vais finir dans la fosse com­mune des morts hon­teux, oubliés de l’his­toire. Je ne mour­rai pas au front mais les yeux ban­dés, à l’aube, age­nouillé devant le pelo­ton d’exé­cu­tion. Je regrette tant ma Léo­nie la dou­leur et la honte que ma triste fin va t’infliger. C’est si dif­fi­cile de savoir que je ne te rever­rai plus et que ma fille gran­di­ra sans moi. Conce­voir cette enfant avant mon départ au com­bat était une si douce et si jolie folie mais aujourd’­hui, vous lais­ser seules toutes les deux me brise le cœur. Je vous demande par­don mes anges de vous abandonner. Pro­mets-moi mon amour de taire à ma petite Jeanne les cir­cons­tances exactes de ma dis­pa­ri­tion. Dis-lui que son père est tom­bé en héros sur le champ de bataille, parle-lui de la bra­voure et la vaillance des sol­dats et si un jour, la mémoire des poi­lus fusillés pour l’exemple est réha­bi­li­tée, mais je n’y crois guère, alors seule­ment, et si tu le juges néces­saire, montre-lui cette lettre. Ne dou­tez jamais toutes les deux de mon hon­neur et de mon cou­rage car la France nous a tra­hi et la France va nous sacrifier. Pro­mets-moi aus­si ma douce Léo­nie, lorsque le temps aura lis­sé ta dou­leur, de ne pas renon­cer à être heu­reuse, de conti­nuer à sou­rire à la vie, ma mort sera ain­si moins cruelle. Je vous sou­haite à toutes les deux, mes petites femmes, tout le bon­heur que vous méri­tez et que je ne pour­rai pas vous don­ner. Je vous embrasse, le cœur au bord des larmes. Vos mer­veilleux visages, gra­vés dans ma mémoire, seront mon der­nier récon­fort avant la fin. Eugène ton mari qui t’aime tant 30 mai 1917

lettre d un poilu Ă  sa femme